Né à Paris en 1974, Mehdi grandit
entre la France et l’Algérie, d’où est originaire son père, avant de
s’installer sur Paris de façon permanente. Deux domaines l’attirent
particulièrement depuis tout jeune – la musique et la boxe thaïlandaise.
L’un lui permet d’aiguiser son sens du rythme grâce à une pratique intensive de
la guitare, l’autre lui enseigne la discipline, la confiance en soi, et la
nécessité de toujours se dépasser. Mehdi va enchaîner les combats, former des
jeunes boxeurs, et au cours de ses nombreuses compétitions, voyager à Malte, au
Japon ou en Thaïlande.
Mais si Mehdi a besoin du sport et
de la musique dans sa vie, il n’y trouve pas son accomplissement. Le cinéma,
plus que tout art, le fascine. Cela passe aussi bien par cette ambiance de rue
très mouvementée qu’il aime retrouver au Trocadéro, que par sa passion pour les
mangas et les jeux vidéo, le milieu des danseurs hip-hop ou des patineurs de
roller. Tout ceci, en vrac, alimente sa soif d’images et de narration.
Sa passion pour la mise en scène
prend le pas sur le reste et Mehdi fait 2 ans dans une école de cinéma
parisienne, l’ESEC. L’enseignement
n’est pas à la hauteur, mais il fait plusieurs rencontres déterminantes avec
d’autres passionnés, qui aspirent comme lui à devenir réalisateur. A leur
contact, il apprend à connaître le fonctionnement du milieu et décide de mettre
la main à la pâte en réalisant des spots publicitaires.
Aussitôt, il entreprend de se
construire une bande-démo à l’aide de fausses pubs. Il écrit un spot pour Coca-Cola, qu’il produit et réalise
– Grâce à cette fausse pub, Mehdi est aussitôt engagé comme réalisateur
par Ninety-Nine,
la société de production de Seb Janiak,
producteur et réalisateur chevronné, connu notamment pour avoir mis en scène
plusieurs clips pour Janet Jackson, NTM ou Daft Punk.
Mehdi réalise aussitôt trois nouvelles pubs pour Lagardère et commence à travailler avec d’importantes agences
parisiennes.
Déterminé à accélérer la cadence,
Mehdi enchaîne, deux pubs sont référencées dans Shots, et arrivent respectivement
3ème et 4ème au Young
Director Awards 2003 à
Cannes.
En Septembre 2004, Mehdi décroche
une pub pour Nissan destinée au
Moyen-Orient. Grâce à son expérience de touche-à-tout, on lui confie également
la production du film. Mehdi repart en Algérie, recrute une équipe et gère le
projet depuis l’idée originale jusqu’à la livraison du produit fini.
L’expérience est réussie, et on lui confie très vite d’autres budgets, et
d’autres films à réaliser – tant et si bien qu’il monte sa propre
boîte, Mebe Production. Il peut désormais produire
plus confortablement et travailler en relation directe avec les clients.
Si Mehdi passe la majeure partie
de son temps sur les plateaux, il n’a pas encore atteint son véritable but :
raconter des histoires, et passer au long-métrage cinéma. Ce qui l’attire en
tant que metteur en scène, ce sont les histoires d’hommes et de société, en
évitant l’écueil de l’intellectualisation qui, selon lui, gâche trop souvent le
résultat. Des sujets sérieux et originaux, mais traités avec la juste dose de
divertissement, comme l’on fait Spike Lee ou Martin Scorsese. « La
publicité m’a permis de prendre de l’expérience et de m’asseoir
financièrement » dit-il, « Je me consacre désormais pleinement au développement
de projets de fiction. ». A suivre…
J.Haccoun